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Sud-Kivu : La guerre, une menace existentielle pour la faune et la flore à Mwenga

Déjà près de trois décennies que la partie orientale de la République Démocratique du Congo est en proie de guerres à répétions, actuellement celles-ci s’accélèrent et laissent derrière elles plusieurs cicatrices et cela depuis plusieurs mois.

Cette guerre a impacté significativement sur la vie des populations dans différentes parties de la province du Sud-Kivu, entrainant des mouvements de déplacements massifs des populations vers d’autres milieux lointains jugés désespérément plutôt sécurisés.

Le territoire de Mwenga, victime de massacre de Kasika, n’a pas échappé de nouveau à ces mouvements, enregistrant malgré lui, un grand nombre de déplacés internes ; ayant pris la direction des forêts, considérées comme lieux sûrs pour leur sécurité.

La guerre, réelle menace persistante qui retarde considérablement le couloir écologique de la Réserve Naturelle d’Itombwe.

Depuis le début des affrontements opposant les FARDC à la coalition AFC-M23 dans le territoire de Mwenga, un important nombre de déplacés internes, à la recherche d’un milieu plus sécurisé, ont pris d’assaut les forêts, une action qui a malheureusement augmenté la pression anthropique sur la faune et la flore dans le territoire de Mwenga.

Les conséquences de cette guerre restent énormes et n’épargnent pas les Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL) dans ce territoire.

Depuis 2019, l’organisation Strong Roots Congo, SRC, une organisation dédiée à la conservation de la biodiversité en RDC a lancé le processus de sensibilisation et de formation des communautés dans le territoire de Mwenga, afin de leur donner le pouvoir de gérer durablement leurs forêts communautaires, en les aidant à obtenir des droits fonciers, à renforcer leurs moyens de subsistance, à lutter contre la pauvreté et la déforestation, afin de créer un corridor écologique entre le parc National de Kahuzi-Biega et la Réserve Naturelle d’Itombwe, RNI.

Un processus qui risque d’être piétiné surtout que pendant cette période où plusieurs familles, celles impliquées dans le processus de la foresterie communautaire et d’autres non encore impliquées, se sont vu quitter leurs maisons pour se cacher dans leurs espaces forestières des Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL), ces dernières affectent négativement sur ces concessions, terrassant les terres, espaces réservés pour la construction des logis, utilisant les stiques d’arbres, les produits forestiers non ligneux notamment les lianes, les pailles, ces familles aménagent des champs, pièges pour attraper les animaux et les oiseaux, recherchent des poissons et crabes dans les rivières qui traversent les CFCL utilisant les techniques destructrices comme la désorientation de l’eau en dehors de son lit normal communément appelé : » Mwata’a au singulier ou Myata’a au pluriel, une technique qui récupère tout,  une fois l’eau a abandonné son lit naturel.

La persistance de la présence de populations dans ces forêts, les produits forestiers non ligneux comme les champignons, les poivres noirs, les « tolos » et chenilles sont ramassés à grande échelle, avec tous les risques persistants faisant suite à ces actions posées sans idées de penser aux générations futures et ou à la consommation rationnelle des ressources naturelles.

Nécessité d’intensification de sensibilisation

Pendant cette période de guerre et après, le renforcement des séances de sensibilisation à travers les médias et les ateliers en présentiel, l’implication des tenanciers du pouvoir coutumier restent une nécessité afin que tout le monde soit impliqué et apporte sa contribution et son appui au processus de la conservation durable des concessions forestières des communautés locales, CFCL dans le territoire de Mwenga.

De leur côté, la société civile, les jeunes, les femmes et autres décideurs, devront en ce qui les concerne, initier des projets d’intérêt communautaire dans les entités qui ont intégrées le processus de la foresterie communautaire pour sa durabilité.

Rédaction

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